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Elkartasuna : Sans asile politique, le jeune Sahraoui risque la perpétuité.

2000 personnes ont manifesté en soutien à Hassana Aali ce samedi 31 janvier à Bilbo. Elles exigeaient l’asile politique du militant pacifiste Sahraoui condamné à perpétuité par un tribunal militaire marocain. Le Parlement basque a interpellé le ministre de l’Intérieur espagnol, qui avait rejeté cette demande.

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Le cas d’Hassana Aalia révolte. Samedi 31 janvier, ils étaient près de 2 000 manifestants dans les rues de Bilbo. Le jeune Sahraoui a trouvé refuge au Pays Basque en octobre 2011, suite à sa participation au camp de protestation pacifique de Gdeim Izik – en octobre 2010. Ce mouvement avait lancé le  »printemps arabe ». Un mois plus tard, le camp était violemment démantelé par les forces de l’ordre marocaines.

En 1975, l’Espagne coloniale quitte le Sahara Occidental, le laissant entre les mains du Maroc qui contrôle 80% de ce territoire non-autonome – en référence à la définition de l’ONU. Un enjeu de taille dans le Maghreb. Le Front Polisario lutte pour son indépendance et sa décolonisation, contre l’Espagne de 1973 à 1975 et depuis lors contre le Maroc. Suite aux événements de 2010, dont l’issue fut sanglante, des Sahraouis furent torturés, jugés et emprisonnés. Hassana Aalia est l’un d’entre eux.

Titulaire d’une bourse de recherche, il étudie les Droits de l’Homme au Pays Basque depuis 2011. Sa vie vient de basculer à deux autres reprises : la première quand il a été jugé en février 2013 par un tribunal militaire marocain et a écopé d’une peine à perpétuité ; la seconde quand il a appris le 19 janvier dernier que sa demande d’asile politique avait été rejetée par l’Etat espagnol.

Depuis cette date, plusieurs ONG et organisations sociales et citoyennes mènent une course contre la montre afin de venir en aide au jeune homme. La CEAR (Commission Espagnole d’Aide aux Réfugiés) en la personne de l’avocat Javier Canivell a affirmé que Hassana Aalia respecte toutes les conditions pour bénéficier du droit d’asile. Le refus du Gouvernement espagnol équivaut selon lui  »à un manquement aux engagements internationaux signés en faveur des Droits de l’Homme. »

Le Parlement basque de Gasteiz a approuvé à l’unanimité le texte présenté en urgence par EH Bildu, et intercédé en faveur du jeune homme auprès du ministre de l’Intérieur espagnol afin qu’il révise son rejet de demande d’asile politique. Dans la même lignée qu’Amnesty International et Human Rights Watch, les élus dénoncent les conditions dans lesquelles le procès d’Hassana Aalia et des autres condamnés se sont déroulées :  »Ll ne remplissait pas les garanties minimales d’un juste jugement étant donné qu’il y a eu recours à de fausses accusations et à des déclarations sous tortures ».

Justine Giraudel

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