BERRIAK

Özgecan est notre révolte ! Nous ne sommes pas en deuil mais en rébellion !

Communiqué de Yeni Kadin (organisation féministe turque) suite au viol et au meurtre d’Özgecan par des nationalistes turcs.
Depuis, une autre femme de 17 ans, alévi elle-aussi, a été enlevée et une autre de 22 ans a été battue à mort par son petit ami.

La violence masculine augmente chaque jour. Les meurtres de femme ont atteint le stade de massacre. Dit le nid de « famille » par les structures réactionnaires, les femmes sont assassinées par les plus proches. La violence masculine s’est propagée des les rues, les lieux de travail, les écoles, les transports et tous les espaces publics. Le système patriarcal n’agit pas face à cette situation, les femmes sont contraintes de vivre chaque jour sous plus de violence, d’harcèlement/de viol et de menace de mort.

Les soi-disant améliorations juridiques n’existent que par pure formalité, le pouvoir judiciaire des hommes est dans une course pour une réduction des peines pour les hommes. La société normalise la sauvagerie/la barbarie subie par les femmes. Par le biais de la presse/des médias/des journaux, les femmes subissent des violences, victimes et massacrées, elles sont accusées de coupable, comme dans le cas d’Özgecan, et en trouvant des « mais » les massacres sont légitimés.

Les attaques oppressives et sexistes, du gouvernement et de la société, envers les femmes sont de plus en plus répandues et justifiées, la moindre opposition est fortement réprimée par les forces de l’ordre de l’Etat. De Pippa à Sierra, de Sierra à Özgecan, de Reyhaneh -exécutée parce qu’elle a tué son violeur- aux femmes Kurdes, Yézidis, Turkmènes, Chrétiennes, Alevis vendues devant les yeux du monde entier dans des marchés d’esclaves par les barbares de DAESH… Quand nous regardons ce tableau de honte nous voyons toujours la violence du gouvernement. L’originalité qu’apportent la foi et une identité ethnique différente, permet des approches racistes, chauvines, misogynes envers les femmes et « violer, assassiner » est considéré comme un droit. Toutes celles qui ne sont pas de chez moi méritent d’être violées et massacrées. Ceux qui adoptent un système raciste-chauvin-réactionnaire-sectaire sont plus à l’aise à violer les femmes qui est synonyme d’occupation d’un pays. Nous le voyons dans les statistiques. Les 15 dernières années, « 241 policiers, 91 soldats, 17 membres des forces spéciales, 15 gardes spéciales, 45 geôliers ont été jugés pour viol mais aucuns n’ont été punis ».

C’est l’approche du fascisme et de ce système envers les coupables. C’est pour ces raisons que nous les femmes nous allons continuer à crier et protester, hier comme aujourd’hui, que les violences et les massacres subis par les femmes sont politiques. Et nous, celles qui vivent en Europe, voyons et vivons également l’augmentation des massacres des femmes. En général, en voulant montrer les violences envers les femmes des autres pays non développés, les pays capitalistes veulent camoufler ce qui se passe dans leur pays, et l’Allemagne arrive en tête de ces pays où encore récemment une jeune femme de 19 ans enceinte, Maria P., s’est fait poignarder et brûler à Berlin comme Özge. Ce que nous appelons « coutume, honneur, morale » a pris la forme de « folie » dans ce système, où nous avons lu dans un petit article dans les journaux l’assassinat d’une femme par son mari à Darmstadt. Pas plus tard qu’hier, notre Tuğce, s’est fait assassiner par des mentalités masculines éduquées par ce système ; parce qu’elle n’est pas restée sourde, muette et aveugle aux personnes qui subissaient des violences sexuelles et est intervenue. Dans cette société aussi, l’âme des femmes continue à brûler, à subir des violences et à se faire massacrer. Par conséquent, nous allons continuer à crier encore plus fort, dans tous les domaines de la vie, notre envie de vivre librement, parce que nous ne tolérons plus qu’une seule femme puisse encore subir des violences et se faire assassiner.

La mentalité machiste questionne sur notre tenue, intervient sur notre rouge à lèvres, dissocie les élèves dans les écoles, montre même le genou d’une mère comme excitation sexuelle. Contre les discours en faveur des coupables, les décisions prises afin de favoriser les violences subies par les femmes et contre vos complices :

Nous ne taisons pas, nous ne nous tairons pas,
nous sommes en rébellion !

Vous avez tué notre Özgecan. Ceci ne sera ni la première ni la dernière. Vous pensez que nous allons avoir peur et nous taire pour pouvoir créer le genre de femme que vous voulez, en nous tuant, en pardonnant votre violence, en nous enfermant dans les maisons. Mais nous n’allons PAS ÊTRE LES FEMMES DE VOTRE SYSTEME ! Nous crions d’une seule voix et disons que : Nous tuer n’est pas une solution. Toutes les femmes, que vous avez tuées vivront dans notre rébellion qui va secouer votre gouvernement et vos rues. Nous ne donnons pas naissance à nos enfants pour que votre système les viole et les massacre.

Nous ne vous laisserons pas abattre nos enfants. A bas votre justice d’homme. A bas votre système et votre mentalité patriarcale, ennemi de la femme, fasciste/sectaire/réactionnaire que vous essayez de protéger avec notre sang et nos corps.

ASSEZ DE MOTS NOUS SOMMES EN ACTION !

NOUS NE SOMMES PAS EN DEUIL MAIS EN RÉBELLION !

Yeni Kadin le 19 février 2015

P.-S.

Pour en savoir plus, vous pouvez aller sur le site kedistan.fr et l’article Ozgecan Aslan, 20 ans, victime du patriarcat.

Share This:

Attention, les commandes ne peuvent pas être de moins de 5 € Rejeter