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1938-2015 Nuit de cristal: N’oublions pas.

La Nuit de Cristal, qui se déroula dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938 et lors de la journée suivante, fut un pogrom fomenté contre les juif-ve-s à l’initiative des dirigeants du parti nazi et des S.A. (sections d’assaut).

nuit

Ce violent pogrom eu lieu dans toute l’Allemagne et les territoires récemment annexés (Autriche et Sudètes). Sur tout le territoire du Reich, plusieurs centaines de synagogues furent détruites, des cimetières juif-ve-s furent profanés, 7 500 commerces et entreprises tenus par des juif-ve-s saccagés; une centaine de juif-ve-s furent assassiné-e-s, des centaines d’autres se suicidèrent ou moururent des suites de leurs blessures. Près de 30 000 furent déportés en camp de concentration. Au total, le pogrom et les déportations qui le suivirent causèrent la mort de 2 000 à 2 500 personnes. Point culminant de la vague antisémite qui submergeait l’Allemagne, la « Nuit de Cristal » fût l’un des prémices de la Shoah.

Localement, en Pays Basque, durant la Seconde Guerre mondiale, la communauté juive de Bayonne a été durement touchée. Des enfants, des femmes, des hommes, des familles, françai-se-s ou étranger-e-s sont pourchassés et persécutés parce que juif-ve-s. Elles-ils seront déportés vers l’Est et exterminés. Très peu survivront. Soixante personnes, dont le grand rabbin Ernest Ginsburger ont été déportées. Deux seulement rentreront. La synagogue a été occupé par les Allemands du 22 juillet 1942 au 24 août 1944 et les dégâts ont été très importants.

Aujourd’hui, nous nous adressons à l’ensemble de la population pour dénoncer ces faits de notre histoire récente et empêcher qu’ils ne tombent dans l’oubli. On considère souvent que les mouvements d’extrême droite et fascistes, comme ceux de cette époque, ont disparu. Pourtant, aujourd’hui même, dans nos rues, avec une impunité totale, nous assistons à des actions contre les droits fondamentaux, nourrissant la haine contre des groupes sociaux historiquement opprimés et pesant ainsi sur la cohésion sociale.Voici quelques exemples qui nous ont particulièrement marqués:

1- L’État français connaît depuis plusieurs années une nouvelle vague d’antisémitisme incarnée par des personnes comme Dieudonné, Alain Soral, Thierry Messan etc. Sous couvert d’antisionisme ces personnes véhiculent des idées haineuses et reprennent en grande partie la propagande anti juif-ve-s du 3ème Reich. Les juif-ve-s seraient tou-te-s de riches bourgeois-e-s, tiendraient l’intégralité de la presse ou des grandes entreprises, un complot juif-ve-s mondial soumettrait tous les pays etc. Nous sommes là dans un mélange d’antisémitisme, de conspirationnisme, de paranoïa, qui fait froid dans le dos. Malgré tout, ces violentes charges antisémites reçoivent, d’une partie de la population, un bon accueil dû entre autres à la popularité de Dieudonné et par le fait qu’il se sert de ses spectacles comme tribune pour ses idées discriminatoires.

2-Tout au long de l’année, plusieurs agressions physiques se sont produites, dans nos rues, contre des migrant-e-s, des lesbo/trans/homosexuels, des femmes… Nous pouvons constater donc que ces modes de pensée et ces comportements n’ont pas disparu et persistent encore. Si nous ne faisons rien, tant par l’éducation que par des actions revendicatives et des condamnations de ces actes, ils perdureront.

3- Bien qu’étant héritiers de ces dictatures de la terreur condamnées internationalement, des partis politiques d’extrême droite qui embrassent le fascisme et la xénophobie se présentent aux élections.

4- Les politiques sociales actuelles qui réduisent de plus en plus nos droits sociaux et le durcissement des lois sur les migrant-e-s sont autant d’exemples de la façon dont l’état se sert des personnes en risque d’exclusion sociale, allant jusqu’à les criminaliser.

5- De la même manière que le nazisme a utilisé les juif-ve-s comme responsables de tous les maux, les différents gouvernements, partis politiques, syndicats et médias criminalisent les migrant-e-s et, profitant du contexte de crise économique, incitent aux préjugés xénophobes dans la population. Fermer les frontières européennes aux personnes tandis qu’elles sont ouvertes aux capitaux ou réguler de manière différenciée les droits des personnes selon leurs origines, a un nom : xénophobie.

Ceux-ci ne sont que quelques exemples d’attaques inadmissibles contre les droits fondamentaux. Attaques contre lesquelles, nous, mouvements progressistes, combattons.

KRISTALNACHT

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