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Témoignage: un militant d’IpEH victime de violence policière.

Nous relayons le témoignage d’un militant d’Ipeh victime de violence policière, le 24 avril à Paris. Un cas parmi bien d’autres, mais qui nous touche directement.

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« N’ayant pas retrouvé le témoin, dont je parlerais plus loin, après plusieurs recherches, c’est avec deux semaines de décalage que je prends la plume pour témoigner de l’agression policière dont j’ai été la victime.
Le jeudi 28 avril dernier, alors en vacances à Paris, après une joyeuse journée de lutte contre la loi « travail » et son monde au milieu des épais brouillards de gaz lacrymogène, je me décide de me rendre place de la République afin de participer à l’occupation nocturne de cette dernière.  Je me joignais alors individuellement à l’appel à l’occuper toute la nuit et non seulement jusqu’à minuit.
L’heure fatidique approchant et malgré la tension grandissante je pris la décision de rester, jugeant légitime la réappropriation de l’espace public, ne serait-ce que pour une nuit. Choix qui devint très vite une fatalité, les divers accès et boulevards partant de la place étant très rapidement bloqués par différents service de police et/ou de gendarmerie, rendant par la-même tout départ impossible.
Après divers mouvements visant à éviter les innombrables tirs de gaz et autres violentes charges policières (et dans l’impossibilité de quitter la place) je me trouvais aux alentours de 1h00 vers le centre de la place.Les policiers se trouvaient à une 20 de mètres. C’est à ce moment que je ressentis un choc d’une rare violence au niveau de la joue droite (ainsi qu’à la cuisse à quelques petits cm de la zone reproductive mais je m’en rendais compte que plus tard, le coup à la tête étant tel). Quelques secondes plus tard, reprenant mes esprits, et ayant l’impression d’avoir la mâchoire arrachée (je vous laisse imaginer le début de panique s’emparant de moi) je vis le sang couler en abondance.

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Un camarade inconnu se trouvant à coté de moi me vint alors en aide. Je le remercie ici chaleureusement et en profite pour saluer la chaude solidarité ayant cours dans chaque action ou manifestation auxquelles j’ai pu prendre part. Il du négocier plusieurs minutes auprès du cordon de flics bloquant une avenue pour que nous puissions passer les deux, qu’il appelle les urgences et reste avec moi jusqu’à mon départ. Qu’il en soit une nouvelle fois remercié.
Mes souvenirs de ces instants la sont assez flous. Je me souviens n’avoir qu’une obsession : les urgences.
Après plusieurs heures au sein de ces dernières, de nombreux points en profondeurs et en surface, je pus rentrer chez l’ami qui m’hébergeait.

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Cela fait 2 semaines que je mange de la purée et de la soupe et je ne sais combien de temps cela durera encore. Ce qui semblait cependant certains aux yeux du médecin s’étant occupé de moi, c’est ma joue sera marquée à vie par une cicatrice non négligeable.

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Je ne sais toujours pas à ce jour, s’il s’agit d’un tir de flashball, d’une grenade lacrymo en tir tendu ou d’un éclat de grenade de desencerclement.
Le préjudice moral est atténué par mon esprit combatif, celui physique et esthétique est d’une certaine gravité.
Que serait il advenu si j’avais pris ce projectile policier dans l’œil (comme notre camarade de Rennes) ou dans la tempe ? Car on ne vise pas une tête par hasard. Et celui de la cuisse quelques centimètres à coté ?
La violence policière que des dizaines et des dizaines de personnes subissent, que j’ai pu constater de mes yeux et dans ma chair, si elle ne m’étonnes guère, est non seulement scandaleuse mais aussi particulièrement dangereuse.
C’est la mort qui émane des rangs policiers.Et ce n’est pas littérature.souvenons nous de tous ceux assassinés par eux. Et à ce rythme là nous pouvons craindre un nouveau chapitre dans ce morne livre de la répression.
Mais, qu’ils se le disent, diverses et méprisantes flicailles, états de toute sorte, capitalistes puants, serviteurs de la société spectaculaire marchande, militaires, actionnaires, services d’ordre syndicaux et tout autres meurtriers de la vie et de la passion émancipatrice : votre violence ne nous fait pas peur, notre détermination n’a pas de frontière !  »
César

 

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