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Mémoire historique

1938-2018 : 80 ans de la plus grande évasion du fort San Cristóbal (Navarre).

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800 prisonniers républicains en fuite, plus de 200 reclus morts du à des coups tandis qu'ils fuyaient ou fusillés sans jugement...

... c'est la fuite du Fort Saint-Christophe le 22 mai 1938, la plus grande de l'histoire de l'Europe et, en même temps, l'une des plus méconnues. Le 22 mai 2018 : 80 ans de la fuite en masse, creusée dans le sommet de la montagne Ezkaba, dans les environs de Pampelune. Le Fort, de trois étages, a été construit à partir de 1878 pour défendre Pampelune, mais le processus a été retardé pendant environ quatre décennies. Ainsi à l'arrivée de l'aviation de guerre en 1919, les installations étaient déjà obsolètes. Avec le coup militaire de 1936, le Fort a recommencé à être utilisé comme prison, dans laquelle sont passé des prisonniers originaires de toutes les provinces de l'Espagne, surtout navarrais, castillans et galiciens. C'étaient surtout des prisonniers idéologiques, essentiellement du PCE, du parti socialiste espagnol ou des nationalistes basques.

Dans le Fort, Ángel Urío de l'Association de Parents de Fusillés de la Navarre, explique les conditions " des maladies étaient horribles, avec une alimentation mauvaise, avec beaucoup d'humidité, froid, et un entassement épouvantable ". Il s'agissait de quelques installations prévues pour 350 prisonniers, mais il y en avait environ 2.500." C'était un camp de concentration comme il y a eu en Allemagne avec les nazis. Le respect qui a existé avec ces gens a été minimal. C'était pour les annihiler. C'était un camp de concentration extrêmement dur ", a assuré Urío, qui a dénoncé que dans le Fort " existait un régime dictatorial des militaires, avec coups et des bâtons ".

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Les conditions inhumaines du pénal ont provoqué le 22 mai 1938 la fuite de 795 prisonniers par la porte du Fort. Ils essayaient de fuir d'une faim atroce, les conditions terribles de vie d'entassement et de mauvais traitements, mais malheureusement dans les versants de la montagne 220 reclus sont morts : " ils ont été chassé comme des lapins et les ont assassinés sans pitié ". Seulement trois prisonniers ont réussi à s'échapper. De l'un il n'y a plus eu des nouvelles et des 2 autres 1 a fini au Mexique et l'autre est arrivé en France puis de là il est revenu en Espagne pour recommencer à collaborer avec l'armée de la République. C'était une fuite due à la faim, a affirmé Urío : " il n'y a pas de mots pour définir les pénuries que ces gens ont passé. Je ne suis pas étonné que, désespérés, ils échapperent à la montagne, en fuyant de ce supplice, déchaussés et en mauvaises conditions ". " Je m'émeus encore en racontant ces histoires ", raconte-t-il. Cependant, il a souligné, c'est l'un des événements le moins connus de la Guerre Civile espagnole : " on a voulu laver cela, aucune publicité ne lui a été donnée. Pour ceux-ci c'était un déshonneur. Le pouvoir militaire et ecclésiastique ils avaient à la fermer ". Mais en Navarre, ces événements ne sont pas tombés dans l'oubli. Chaque année, en mai, des centaines de personnes se rendent aux portes du Fort Saint-Christophe pour rendre hommage aux personnes qui sont mortes des executions ou par les conditions dures que les reclus subissaient. Un monument se trouve dans le versant.

Ces prisonniers, et plusieurs autres qui sont morts dans le Fort le long des années, plusieurs d'entre eux par tuberculose, étaient enterrés dans des localités proches, mais en dehors du cimetière et sans aucune identification.

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C'était tant de cadavres déplacés dans ces localités, que les villages de la zone se sont refusés à recevoir en plus du reste et donc les autorités du Fort ont habilité un cimetière dans le versant de la montagne, dans laquelle 131 prisonniers ont été enterrés. Il est connu comme le " Cimetière des bouteilles ".Il se nomme ainsi, a commenté Urío, parce qu " un prêtre ou une personne qui avait un peu plus d'humanité, quand on enterrait un prisonnier, plaçait entre les jambes une bouteille et, à l'intérieur d'elle, un papier avec son prénom, ses noms de famille et son lieu de provenance ". Ces bouteilles ont permis l'identification et la remise des restes aux familles. De plus, dans le cadre du Programme d'Exhumations du Gouvernement de la Navarre, la Société de Sciences Aranzadi réalise des travaux de prospection et une localisation des restes enterrés.

Des corps ont été déterrés dans des fosses dans des localités comme Olabe, Berriozar, Usetxi, Burutain, Urtasun, Lintzoain et Agorreta. À Olabe, Urío a été témoin de l'ouverture de l'une des fosses et la récupération des corps : " Tous étaient entassés dans un petit trou, les uns au-dessus des autres. Plusieurs, avec un trou dans le crâne, le coup de grâce ".

Urío monte souvent en marchant pour visiter le Fort : " Chaque fois que je vais faire un tour une très grande angoisse m’envahit. Je suis petit-fils d'assassiné, et toujours je pense que je récupérerai mon grand-père ".