Soutenir IpEH Antifaxista.
Mascotte IpEH Antifaxista.

Actualité

Pays Basque

40 ans : Argala, anniversaire d'un jeune idéologue en action.

Vendredi prochain, 21 décembre, quatre décennies de la mort dans un attentat du militant d'ETA José Miguel Beñaran "Argala". Pour l'occasion, la collection Erroak de la maison d'édition Astero publie une nouvelle et documentée biographie et, pour la première fois, le résumé de ses analyses et d'écrits politiques.

1214 ARGALA1

Quelques minutes manquaient avant les 9:00 du matin ce 21 décembre 1978. Argala finissait de monter dans sa voiture, une Renault-5 garée près de l'édifice d'appartements d'Anglet où il vivait avec sa compagne Asun Arana, un lieu que ni ses compagnons de l'organisation clandestine connaissaient. Après avoir activé le moteur, il a fait éclater la bombe placée sous la voiture qui provoqua sa mort. L'attentat a été revendiqué par le BVE (le Bataillon Vasco Español, groupe d’extrême droite) et ses auteurs n'ont jamais été arrêtés et jugés devant des tribunaux.La mort d'Argala provoqua une commotion en Euskal Herria au-delà des domaines de la gauche nationaliste basque. Mourait un dirigeant d'ETA très estimé entre ses compagnons, un interlocuteur avec d'autres formations et un leader reconnu comme l'un des idéologues principaux de indépendantisme de gauche de la décennie des années soixante-dix.

 Une vie brève et intense

 Argala n'avait seulement que 29 ans au moment de sa mort. Cependant, il accumulait déjà une participation intense et opérationnel de l'organisation armée dans les dernières années du franquisme et d'une production remarquable théorique et politique qui a marqué la direction stratégique de l'avenir.Comme homme d'action et de pensée, les deux facettes confluent dans le livre que la maison d'édition Astero achève de publier à l'intérieur de sa collection "Erroak", destiné à compiler la pensée et les textes originaux de nombreux auteurs qui ont influé dans le fait du futur politique, social ou culturel d'Euskal Herria.La première partie du volume est dédiée à la biographie de José Miguel Beñaran, qui s'est engagé dans ETA en 1968 à l'age de 19 ans. Pour cela, l'auteur a reconstruit la vie d'Argala à travers des dizaines de témoignages directs de ceux qui ont partagé une amitié, des expériences ou un militantisme jusqu'à la fin de ses jours, en plus de ses propres écrits et les nombreuses sources documentaires, qui apportent au récit le contexte historique et politique de l'époque. La narration est appuyée par une sélection de photos de l'adolescence et de jeunesse et certains des images peu abondantes qui sont restées de son étape après le passage dans la clandestinité.Comme tant d'autres jeunes pendant ces années de la répression franquiste la plus dure, Beñaran s'incorpore à ETA laissé guider par le sentiment de "faire quelque chose en faveur du peuple". Ses premières actions ont un caractère de propagande, mais les arrestations de cadre de l'organisation le fait passer rapidement dans la clandestinité, où il assemble son travail dans les fronts culturels et militaires.

  Durant le Procès de Burgos, en 1970, il participe à une tentative de libération des accusés. En 1971 il est envoyé à Madrid pour établir des relations avec des intellectuels et des représentants ouvriers antifranquistes. Sa culture, son penchant pourr la lecture et l'écriture et sa capacité d'écouter et de débattre ouvrent tôt des portes et une confiance dans différents domaines. Après divers opérations au pays Basque sud il retourne à Madrid, où il prend parti dans l'attentat qui a coûté la vie au président du Gouvernement espagnol et dauphin de Franco, l'amiral Carrero Blanco, en 1973, l'action la plus emblématique de l'histoire d'ETA.Après la scission d'ETA dans les branches militaire et politique - militaire en 1974, il rédige le manifeste historique connu comme "ETAren Agiria", dans lequel il analyse les conséquences du régime franquiste, des changements qui se profilent et projette le dédoublement des fronts d'interventions sur un nouveau modèle organisationnel.En 1976 il est arrêté par la Police française et confiné à l'île d'Yeu avec d'autres réfugiés basques. À son retour en Euskal Herria en 1977, il participe activement aux conversations de Txiberta, patronnés par Telesforo Monzón, qui avait une admiration pour le militant d'Arrigorriaga, à la recherche d'une voix commune comme peuple basque devant l'État espagnol.

Un nationaliste basque et marxiste

  La deuxième partie du volume compile d'une manière ordonnée, et pour la première fois, les textes politiques, les documents et l'analyse qu'Argala a réalisée dès 1974 jusqu'à la veille de sa mort. En partant de son texte autobiographique pour le prologue du livre "Les Basques, de la nation à l' État", de Jokin Apalategi continue le résumé avec le Rapport du Commando Txikia sur l"Opération" et le référentiel "ETAren Agiria", où la tactique et la stratégie se détermine pour les année futures.La collection est complétée par les réflexions sur l'affrontement armé de l'État espagnol, le comportement de l'oligarchie basque et l'activité du PNV et d'ETApm, ainsi que sur le concept d'amnistie. De la même manière, on reprend l'apport étendu d'ETAm la VII Assemblée d'ETApm, à laquelle il s'est présenté en qualité d' invité et avec la compagnie de Txomin Iturbe, dans lequel il analyse le modèle organisationnel, la nécessité d'un parti ouvrier et l'activité de masses.En novembre 1976 il réfléchit à la Transition espagnole et présente l'Alternative KAS comme option révolutionnaire pour les travailleurs basques devant la responsabilité de l'oligarchie. Après le document destiné à expliquer "ce qui est ETA aujourd'hui" en 1978, le résumé culmine avec le message dirigé à ses compatriotes d'Arrigorriaga quelques jours avant sa mort.

Source GARA